Oulles (Oisans)

Nous sommes huit à nous retrouver au départ de la randonnée du jour au croisement de la Route d’Ornon et de la route départementale qui mène à Oulles, objectif du jour. Après quelques manœuvres les véhicules sont garés près du pont qui enjambe le ruisseau d’Oulles. La météo du jour prévoit du vent en fin de matinée et un risque de pluie en fin de journée. Globalement, la journée sera agréable malgré quelques bourrasques de vent en début d’après-midi.
Depuis les stationnements, nous remontons sur une centaine de mètres la route départementale que nous quittons pour emprunter le sentier historique qui mène au joli village de Oulles. Ce village typique comme collé à la montagne où, pour l’anecdote, on raconte qu’à Oulles il y a tellement de pente qu’on y ferrait les poules, offre une vue à couper le souffle sur les Grandes Rousses, La Meije, la Barre des Ecrins.
Au préalable, un peu d’histoire : la route départementale d’Oulles est le dernier tronçon viabilisé de l’Isère construit en 1962, inaugurée en 1963, pour permettre l’accès au village. Auparavant, pour le rejoindre, il fallait monter par le chemin historique à la pente très raide.
C’est dire le programme qui attend les huit marcheurs et marcheuses du jour. En effet, ça monte ! Les seuls replats permettant de reprendre son souffle sont les portions du chemin qui coupent la route. Le chemin surplombe le ruisseau d’Oulles, bien chargé en eaux vrombissantes de la fonte des neiges encore présente sur les hauteurs. Son tracé, parfois à flan de falaises avec passages câblés, offre, le plus souvent, une vue plongeante sur le tapageur cours d’eau. Magnifique ! De montées raides en coupures de route, nous parvenons, comme il en existe beaucoup dans cette partie des Alpes, à un mémorial de la résistance, en mémoire de trois résistants fusillés sur place par les troupes nazies en août 1944.
Après avoir passé la Combe de Roche-Noire et l’oratoire de Saint-Pierre, nous débouchons sur le magnifique village d’Oulles, 1410 m. Les maisons, la belle et typique église où est exposé le mécanisme de l’ancienne horloge, semblent comme accrochées à la pente. Si les poules devaient y être ferrées, j’ajouterais que, peut-être, elles y pondaient des œufs carrés pour ne pas qu’ils roulent dans la pente. Mais cela n’engage que moi, car de mémoire de gallinacés : même aux origines préhistoriques, on n’a jamais vu ça ! Des œufs carrés !!! L’ivresse des montagnes me ferait-elle délirer !?!
Bon, revenons à la réalité, depuis Oulles, le col de la Buffle nous fait de l’œil. Alors, passant par la Combe du Collet, 1420 m, nous le rejoignons. Ce sera le point culminant du jour, où nous prendrons, à l’abri du vent soufflant en rafales et rafraîchissant passablement l’air ambiant, la pause-déjeuner. Celle-ci terminée, nous entamons la descente de retour via le Puy d’Oulles, 1420 m. Après un passage en aller-retour à La Queue des Chars joli belvédère sur la vallée d’Ormon et les sommets l’environnant, suivant le chemin de Bourg d’Oisans à la Royat et au Puy d’Oulles, dévalant les dénivelés négatifs par un sentier parfois aux passages délicats, nous retournons au départ.
Une randonnée atypique que nous a offert notre guide animateur du jour, Christian B. Un bel itinéraire, mêlant des découvertes historiques et géographiques aux dénivelés positifs prononcés, 910 m cumulés sur un peu moins de 11 km soit 5 à la montée, mais dont la particularité restera longtemps, je pense, gravé dans nos mémoires de randonneur.
Cela valait bien une pause désaltérante à Bourg d’Oisans, animée par un serveur quelque peu original.
Pascal V.