Le Chapeau (Valgaudemar)

Il aura fallu se lever tôt pour les huit randonneurs et randonneuses afin de se rendre au départ de la sortie du jour : le Chapeau, dans le Valgaudemar, au sein du parc national des Écrins. Ainsi, après un parcours d’approche en voiture de 120 km, les huit matinaux, partant du parking du hameau des Portes, sur la commune de La Chapelle-en-Valgaudémar, démarrent la randonnée du jour à 8h30.
Depuis le stationnement des voitures, nous prenons la direction du parking de Fouronnière, lieu connu des « bivouaqueurs et autres camping-caristes », devant lequel nous passerons pour gagner le sentier en direction du Chapeau. Ce parcours d’approche, d’un peu moins de 2 km, sert d’échauffement avant de rejoindre le pied de la montée, franche et régulière, qui nous mènera jusqu’au sommet du jour, à 2372 m. Ça grimpe : le sentier, par endroits, accuse des pourcentages de plus de 30% et des portions en dévers. Heureusement, le terrain est sec et le restera toute la journée, car un ciel dégagé et un temps chaud et sec nous accompagneront toute la journée.
Le sentier serpente dans un premier temps au travers d’une forêt d’arbres caducs et de conifères. À l’ombre, il reste encore un peu de fraîcheur, mais les organismes se réchauffant rapidement, tant l’effort à fournir lors de la montée est soutenu et régulier, les couches de vêtements plus chauds retournent dans les sacs. Belle initiative, car après ce premier tronçon à travers bois, nous émergeons sur des espaces dégagés où le soleil darde ses chauds rayons.
Après avoir retraversé une zone boisée, nous débouchons au pied de la crête de la Côte Grasse. Elle se présente à nous sous un joli profil et nous voyons, dans son prolongement, comme en plan écrasé, le Chapeau, qui semble vouloir nous saluer.
Suivant Philippe, nous grimpons directement dans la pente, négligeant ainsi le sentier normal, que seule empruntera l’une d’entre nous. À marcher tête baissée, parfois, nous empruntons des chemins biaisés ! Il y a la tête et les jambes ; les conjuguer toutes les deux évitent des efforts inutiles. À croire qu’une seule du groupe sache se servir des deux. Autodérision, bien sûr.
Bon, relativisons : hormis un dénivelé plus accentué, rien de bien méchant que ce petit contretemps pentu. Après nous être regroupés sur le bon tracé, nous entamons les quelque 150 m de dénivelé positif restant avant de rejoindre le sommet du jour.
Après un passage en arête, quelques contorsions entre sauts et enjambées par-dessus des rochers, et le franchissement de petites vires — ou plutôt virolets —, le groupe rejoint le sommet du Chapeau, pas tous d’un seul coup, certes, mais à midi, heure propice au déjeuner, que nous prendrons sur place.
Belle salle à manger, avec une vue à 360°. Sur notre gauche, le pic Turbat, puis, en portant le regard circulairement vers la droite, son col, d’où semble émerger l’Olan. S’ensuivent la cime du Vallon, plus à droite le pic de Parrière, derrière nous le pic de l’Ourlette, l’aiguille des Arches, puis la cime d’Orgières, pour boucler ce tour d’horizon par les hauteurs situées au premier plan. Les nommer toutes serait excessif, tant il y aurait à citer.
Le déjeuner terminé, nous entamons notre retour par un itinéraire en boucle, en passant par la cabane des Pales, jusqu’à rejoindre l’intersection qui indique la cascade de la Buffe. Nous n’irons pas la voir, préférant continuer vers le hameau de Navette, en suivant la rive du torrent de Tempier.
Le hameau de Navette, abandonné à ce jour, fait l’objet d’une rénovation par un groupe de bénévoles, comme en témoigne sa chapelle, non accessible à la visite. Un peu plus loin, une ruine en arc de cercle, bien nettoyée, dont l’espace voûté fait penser à une crèche, est l’occasion, pour notre petite troupe de théâtre improvisé, de mimer la scène de la Nativité. Chapeau pour l’imagination !
Après ce petit intermède théâtral, nous terminons notre parcours en passant par le joli pont des Oulles, depuis lequel nous reprenons l’itinéraire de l’aller jusqu’au parking du départ.
Une belle randonnée, avec une alternance de parcours boisés et minéraux. Un bon dénivelé positif cumulé, de 1150 m, pour une distance d’environ 14 km.
Philippe et moi avons correctement assuré l’alternance des rôles en tant qu’animateurs de cette sortie, en raison de l’absence de notre guide habituel, envers lequel nous avons une pensée sincère et amicale lors de notre traditionnel pot de fin de randonnée à La Chapelle-en-Valgaudémar.
Pascal V.