Jour de canicule, quelle belle idée que d’aller chercher la fraîcheur en montagne et plus particulièrement dans le massif du Beaufortain avec pour objectif le Crêt du Rey culminant à 2633 m. Beaufortain est un adjectif dérivant du toponyme Beaufort, composé de « beau » et « fort », soit un « endroit fortifié » (source Wikipédia). Sans contester son caractère de force, il est, sans flagornerie auprès de notre guide du jour et régional de la randonnée, très beau : pays de la remarquable Pierra Menta (Pierre montée) et magnifique balcon sur le massif du Mont-Blanc.
Nous sommes sept à braver la canicule qui s’annonce à nous retrouver à Laval, fameux palindrome, mais pas celui de la Mayenne. J’insiste, nous sommes dans le beau Beaufortain.
De notre stationnement le long de la petite route qui mène au refuge de la Coire que nous côtoierons sur le chemin du retour, nous empruntons et suivons le GR Tour du Crêt du Rey. Il nous suffit de lever la tête pour comprendre que les dénivelés positifs ne se feront pas attendre. Rapidement, la pente s’accentue. La chaleur se fait vite ressentir et ce n’est pas le débit du ruisseau de la Pouprezaz qui nous apportera un peu de fraîcheur.
Après une belle montée régulière, nous arrivons à hauteur d’un panneau directionnel qui nous indique le Crêt du Rey à 1h30 de marche par un chemin difficile. Sur le descriptif de la randonnée, il est précisé « petit chemin en arête ». J’ai beau (fortain) regarder, je ne vois pas la trace qui mène au sommet de cette barrière rocheuse qu’est le Crêt du Rey. Mon acrophobie devrait-elle s’en soucier ? Comme pour les chaleurs caniculaires, j’étais, nous tous d’ailleurs, étions prévenus de ce petit obstacle. Retour, que nenni ! Alors mon courage me prenant par les mains qui assureront quelques prises rassurantes lors de la montée, encadré, encouragé, soutenu, par les collègues, j’entame la grosse grimpette finale. En fin de compte, le passage est relativement aisé. J’ai connu pire en la matière. Et c’est fort de cette montée finale que je rejoignis au sommet le reste du groupe quasiment tous en place admirant déjà les alentours.
Le Crêt du Rey, est un joli belvédère sur le Beaufortin avec en toile de fond le massif du Mont Blanc resplendissant sous un fond de toile bleu. En fond de vallée, le lac de Saint-Guérin semble tel un miroir dans lequel se mirent les sommets alentours.
Nous avons marché à un bon rythme et il est près de midi. Nous avisons, légèrement en contrebas, un espace propice à la pause repas. Encore une petite difficulté pour moi, pas longue, parfois en mode accroupi pour rejoindre un terrain moins hostile à mon goût pour apprécier pleinement l’intermède méridien. Le temps de goûter quelques gourmandises sorties des sacs et de recharger les batteries nous repartons par le versant opposé à la montée.
Au replat, le choix nous est proposé soit de retourner par le Cormet d’Arêches, itinéraire plus classique sans grand intérêt ludique ou alors, par le col de la Corne Noire, avec quelques traversées de névés en prime, de quoi satisfaire nos modestes velléités exploratrices. Naturellement et collectivement nous optons par le passage du col. Itinéraire plutôt agréable sans chute ou presque lors de la traversée des névés. Si chutes il y eut, pas de photos pour le prouver !
Depuis le col de Combe Noire, 2418 m, nous retrouvons le chemin Tour du Crêt du Rey par lequel nous redescendons en direction des chalets du Cormet, 2065 m, desquels, après une légère remontée, nous rejoignons le Refuge le Coire, 2070 m, sans nous y arrêter. Nous continuons notre descente en suivant la piste à travers l’alpage ou les vaches, tarines, pour l’essentiel, se sont naturellement regroupées pour la traite. Nous sommes dans le pays du Beau et bon Beaufort, on ne va pas en faire un fromage mais quand même !
Encore une escale par la chapelle Ste-Marguerite et la belle cascade à proximité et nous retournons aux voitures.
Une belle journée de montagne dans un joli décor naturel. Une belle découverte pour le plus grand nombre d’entre nous que nous a offerte Christian B. notre guide et régional de l’étape du jour, heureux de nous présenter et de nous faire découvrir un bel itinéraire dans ce bel écrin qu’il aime tant. Et on le comprend ! Pour couronner le tout sur une note excellence et nous faire récupérer avec des douceurs réhydratantes accompagnées d’une petite note de salé les 933 m de D+ et les un peu plus de 10 km de marche du jour, le Beaufortin (notez, habitant le Beaufort.) nous invita à prendre le pot de l’amitié dans sa demeure toute proche.
Pascal V.
























































