Après avoir, pour certains d’entre nous, passé la soirée et la nuit au chalet-gîte de la Charmette, lieu de départ de la randonnée du jour, le Rocher de Chalves, nous sommes 15 à nous regrouper sur le parking à proximité, 1280 m. Nous avons le plaisir d’accueillir pour cette journée, Stéphanie, une Rouennaise – elles ne sont pas toutes monégasques – rencontrée au chalet-gîte et qui s’est jointe à notre groupe afin que nous lui fassions découvrir ce côté de la Chartreuse.
Les conditions météo sont idylliques, ciel bleu et températures agréables à cette altitude.
Depuis le parking direction le col d’Hurtières en passant par son goulet. Après une montée régulière et avoir longé le rocher du Pan, le groupe débouche en haut du goulet d’Hurtières. Il ne présente aucune difficulté majeure que ce soit à la montée où la descente dans le sens où nous le faisons. Au terme de cette petite descente, nous débouchons au-dessus de Velouse. Une belle vue dégagée sur la Grande Sure s’offre à nous.
En bas du goulet, la Grande Sure face à nous, nous empruntons sur notre gauche le sentier en direction du col d’Hurtières. En contrebas la cabane du berger autour de laquelle paissent paisiblement les vaches montées en alpage. A l’ombre du Mollard de la Chaleur nous apprécions la vue plongeante sur les pâturages et le son régulier des sonnailles rythmant notre marche. Nous arrivons au col d’Hurtières, 1740 m, duquel nous prenons la direction du chalet des Bannettes, 1740 m, via la Prairie de Varavey, 1655 m.
Après une petite descente vers Varavey, à la cabane, nous nous retrouvons à la même altitude que celle du col d’hurtières. Tout ça pour ça pourrait-on penser, mais le gros du dénivelé positif de la journée depuis la cabane se présente à nous. L’arête qui permet d’accéder au sommet du Rocher de Chalves nous offre un profil très accentué. La montée s’annonce coriace. Pour nous rassurer, Jean-François, notre animateur, nous la présente comme la dernière difficulté du jour.
Alors notre petite colonne, résignée ou naïvement, s’engage dans cette difficulté. Je pense, pour qui aime la randonnée, qu’aimer le poisson est un inconditionnel car il faut un mixte de ces deux plaisirs pour apprécier l’effort à fournir lors de la montée lente et régulière d’une telle arête afin d’atteindre le nirvana du marcheur en montagne qu’est un sommet. Comme si la montée ne suffisait pas il y a aussi un petit passage ou il faut mettre les mains, s’ensuit un petit sangle (vire).
Je crois que même un saumon y réfléchirait à deux fois avant d’entreprendre une telle remontée vers les sites amont de sa reproduction. Pour nous, il ne s’agit pas de cela, et à contrario du saumon qui à la fin de son périple se meure d’amour et d’épuisement nous avons besoin de nous réalimenter car nous redescendrons.
Ainsi, tous parvenus au sommet, 1845 m, la pause du midi s’impose. Bien installé face à Chamechaude, avec en arrière-plan la chaîne de Belledonne, sur notre gauche le Mont-Blanc, sur notre droite le massif du Vercors avec en proéminence son cubique Mont Aiguille, nous apprécions notre pause repas devant cette jolie carte postale sur fond de toile bleue.
Les corps rassasiés et reposés nous entamons le chemin du retour en revenant sur nos pas jusque retrouver le point Varavey duquel nous suivons la direction du col de la Charmette et sans nous y rendre retrouver au niveau de la Croix de l’Equerre le chemin qui nous ramène au parking du chalet-gîte.
Pas besoin de remonter dans les voitures pour prendre le pot de fin de randonnée, car tout est disponible au chalet-gîte. Profitant encore de ses installations et accueils, c’est autour d’une boisson rafraîchissante que nous nous remettons des 660 m de D+ et des 13,2 km parcourus.
Merci à Jean-François pour nous avoir fait découvrir ou redécouvrir ce bel itinéraire de Chartreuse.
Pascal V.













