En montagne, il y a le plus souvent, pour ne pas dire presque toujours, plusieurs chemins pour se rendre en un lieu. C’est le cas pour accéder au sommet du mont Granier, dans le massif de la Chartreuse. L’accès le plus connu se fait au départ de la Plagne, commune d’Entremont-le-Vieux, en passant par la grotte de la Balme à Collomb ou la grotte de l’Ours – du fait de la découverte d’un des plus grands gisements d’ossements d’ours des cavernes – avec un retour par le pas des Barres, ou inversement.
Mais pour Jean-François, l’animateur du jour, ce classique n’est pas au programme. Il nous propose, à la montée, un itinéraire plus sportif et moins fréquenté passant par la cheminée ouest du mont Granier. Ce parcours, avec par endroits des passages aériens, est dans son ensemble exigeant. Cela n’a pas du tout freiné la volonté des huit randonneurs et randonneuses présents au départ, parking sur la droite après la ferme du Habert, 1050 m environ, sur la route en direction de la Plagne.
Du parking redescendant la route et après la ferme, au point le Pêchu, 1040 m, par la route de la Plagne nous suivons la direction de Tencovaz. Nous la délaisserons empruntant la route du Mont de la Grenery qui part sur la droite. Jean-François nous a prévenus, la montée jusqu’au sommet sera raide. Toutefois, sur ce premier tronçon, façon parcours d’approche, les dénivelés positifs « s’engrangent » gentiment. Pierre les contrôle régulièrement sous forme de jusque-là, tout va bien ! Après cette mise en jambes, les choses s’annoncent plus coriaces ! En effet, délaissant le tracé qui mène au pied de la piste de ski de Les Frasses, nous bifurquons sur la droite. La pente s’accentue ! Ce n’est rien, en regard de ce qui va suivre. Nous débouchons en plein sur la piste de ski. Le profil de la montée découragerait le plus hardi des cyclistes même avec un VAE (Vélo à Assistance Électrique). Ça monte « dré dans l’pentu ».
Une petite escale à la cabane d’arrivée du télésiège et nous continuons notre montée. C’est toujours aussi raide, voire beaucoup plus. Le sentier est difficile et pas vraiment marqué attestant ainsi le faible niveau de marque de passage. La trace s’avoisinerait plus à celle laissée par des Chamois que par une activité de randonnée. Après une franche montée, nous arrivons sous les falaises du Granier.
Un peu de recherche d’orientation et nous nous retrouvons au pied de la Cheminée Ouest. Alors ça continue de grimper et en plus, il faut, par endroits mettre les mains, bien caler les pieds, et assurer par une poussée verticale la montée au niveau supérieur. C’est toujours dans ces situations que je me remémore ce passage du Cid : mais que suis-je donc venu faire dans cette galère ? Suis-je le seul à m’égarer dans cette pensée littéraire ? Je ne le pense pas au vu du plaisir de tous que je partage sincèrement au sortir de cette difficulté.
La croix sommitale est visible depuis notre point de sortie. La tentation et la volonté partagées sont trop fortes pour refuser de s’y rendre avant d’envisager la coupure du midi. Nous profitons, sans enfreindre l’interdiction locale, depuis ce belvédère de la vue sur Chambéry et ses environs ainsi que sur les bauges avant de revenir sur nos pas par les crêtes afin de rejoindre le sommet géographique.
Une légère descente et nous retrouvons le sentier de l’aller, le long duquel, a l’ombre d’un bosquet, nous prenons la pause-déjeuner. Celle-ci terminée, nous reprenons notre marche en direction du point altitude 1840 m afin de rejoindre la Plagne par la Balme à Collomb. Au départ du sentier, une succession de petits pas d’escalier en montée se présente à nous, s’ensuit une régulière descente le long d’un sangle débouchant dans une sente à la pente bien prononcée – faut bien redescendre les D+ de la montée – jusque rejoindre la grotte. Une découverte pour certains d’entre nous. Il nous faut continuer notre descendre de retour par un sentier correctement aménagé afin de rejoindre le lieu La Plagne Amont et son joli four à pain, 1120 m, avant de retourner, par la route de la Plagne, au parking de départ.
Une belle randonnée que nous a offert Jean-François. Un itinéraire très sportif et technique, peu connu et probablement peu fréquenté en atteste, dans sa dernière partie montante, la quasi-absence de marquage. Très exigeant aussi, dans sa partie montante avec près, si ce n’est légèrement plus, de 1000 m de D+, (les GPS respectifs ne sont pas d’accord alors arrondi par défaut), et 11 km de quoi justifier de se reposer les jambes autour du pot de l’amitié sur le chemin du retour à Saint-Pierre d’Entremont.
Pascal V.
























