Un itinéraire classique que le sommet de Chamechaude, point culminant de la Chartreuse, 2082 m, mais ce qui l’est moins, c’est de le faire par le Jardin et son sangle au départ du col de Porte, 1325 m. Nous sommes treize à nous retrouver au col pour découvrir ou redécouvrir ce parcours exigeant, tant en technicité qu’en assurance. En effet, de passages de sangles (vire) en petites varappes, il est plutôt conseillé aux randonneurs et aux randonneuses aguerris ayant le pied sûr.
Sur la journée, de belles conditions météo, loin des températures caniculaires des fonds de vallée, avec toutefois des passages nuageux qui nous feront bénéficier de leurs ombres bienfaitrices.
Du col, direction le lieu « forêt sectionale », point bas, 1376 m, pour suivre la direction Cabane de Bachasson. Le groupe monte régulièrement en suivant une piste forestière qui traverse la forêt sectionale de Montquaix. Au point altitude 1547 m, nous prenons la direction de Chamechaude, par l’itinéraire classique que nous délaisserons plus haut. Au point haut Forêt Sectionale, 1565 m, la direction de la Cabane de Bachasson, 1635 m, est de nouveau indiquée. Nous nous y rendons. De la cabane, nous empruntons le sentier qui mène au Pré Boiteux, 1640 m. De ce dernier, direction le habert de Chamechaude, 1580 m, auquel nous ne nous rendrons pas, prenant le sentier, sans orientation, à gauche du panneau.
Le chemin longe, après avoir traversé un petit bosquet, surplombant l’Emeindra du dessus, les contreforts Est de Chamechaude, enchaînement de passages à flanc de coteaux plus ou moins abrupts et de petites difficultés techniques où il convient d’assurer le pas jusqu’à parvenir au niveau de la Roche du Nord. Devant nous se dressent deux varappes se succédant. Si ces passages requièrent prudence et assurance, ils restent accessibles aux marcheurs et aux marcheuses du groupe. Comme toujours devant une difficulté, les plus hardis ouvrent la voie et les plus sages assurent en fin de marche les prises des moins téméraires. Ainsi, chacun et chacune grimpe à son rythme et débouche juste au-dessus du sangle du Jardin que l’on aperçoit depuis ce promontoire.
Une petite pause récupératrice s’impose naturellement, car nous ne sommes pas encore rendus au sommet du jour. Les chamois en contrebas posent pendant notre pause, nullement indisposés par notre présence. Le lieu, difficile d’accès, est propice à leur observation. Le petit en-cas terminé, le groupe descend légèrement pour rejoindre et suivre le sangle du Jardin. Encore des chamois qui semblent nous narguer ; sachant que le bipède est moins aguerri qu’eux dans la pente, ils se laissent admirer sans crainte. Mais il nous faut avancer. Le sangle est relativement long. Enfin, il débouche au-dessous du sommet objectif du jour au niveau de la Folatière pour retrouver le GR, itinéraire classique.
Encore une franche montée, une petite brèche où il convient, ou pas, de mettre les mains puis s’ensuit un passage câblé plus technique et nous débouchons sur le plateau et rejoignons la croix sommitale. Un gros nuage gris, juste menaçant nous procure une ombre bienvenue pendant la pause repas. Celle-ci terminée, nous revenons sur nos pas jusque reprendre le passage câblé et la petite brèche afin d’entamer la descente de retour par le GR. Enfin, c’est ce qui était prévu au tracé initial. Petite concertation du groupe pour savoir qui serait intéressé par une variante par la rampe de l’écureuil avant de retrouver la cabane de Bachasson et le parcours de l’aller ? Tout le monde est d’accord. Donc, la petite colonne rejoint la rampe de l’écureuil sans pour autant avoir la volonté d’aller chercher le pas du Lapin. Raté, car nos boussoles internes égarant nos pas, nous nous retrouvons face à cet obstacle, modeste, mais obstacle quand même. Après ce passage dédié aux lagopèdes, les difficultés du jour sont terminées. Un peu de recherche et nous retrouvons la cabane et le parcours initial.
Jean-François, l’animateur des mercredis de l’été, a pour habitude de nous proposer crescendo, des randonnées techniques. Celle-ci, à mon sens, est la plus difficile de la saison. Certes, en dénivelés positifs, 856 m, et en distance, 11,4 km, elle ne s’inscrit pas dans les standards le plus élevés, mais, en technicité et difficulté, elle est une des randonnées réputées difficiles de Chartreuse.
Chacun et chacune y trouva son compte en atteste les sourires de satisfaction autour du pot de l’amitié pour clore cette sympathique journée de montagne.
Pascal V.

