Nous sommes 14, 7 femmes et 7 hommes parité assurée, à nous retrouver au col du Coq, 1435 m, départ de la rando du jour nommée par notre animateur, Jean-François, pérégrinations sur et autour du plateau de la Dent de Crolles. En effet, suite à un éboulement à hauteur du Trou du Glas, l’accès au sommet de la dent de Crolle par cet itinéraire est interdit. Alors, notre animateur, a programmé un itinéraire hors des chemins « traditionnels » qui nous fera passer par le Pas de l’Œille pour rejoindre le sommet de Crolles. Au retour une petite variante découverte de la cheminée du Paradis puis revenir sur nos pas pour une halte au niveau de la source de la Dent de Crolles et ensuite, retour sous la Dent justement, par le sangle de La Barrère afin de retrouver le parcours de la montée jusque rejoindre le départ.
Autrement dit, un itinéraire bis en boucle plutôt technique et orienté marcheurs et marcheuses aguerris.
Sous un joli ciel bleu dégagé et une température de saison le groupe s’engage depuis le col sur le GR Tour de Chartreuse – Tour des Petites Roches, en direction du point La Fontaine, 1495 m, jusqu’à rejoindre le col des Ayes, 1538 m, (depuis La Fontaine le groupe a délaissé le tronçon Tour des Petites Roches, maintenant il est engagé sur celui de la dent de Crolles). Du col, direction Altitude 1640 puis celle du Pas de l’Œille. La montée est franche et régulière. Des passages caillouteux augurent d’une redescente qui devra être prudente car dans le sens de la montée les cailloux glissent déjà bien sous les semelles. De petits sauts de marche en petits pas d’escalades le groupe se rassemble au pied de l’Œille, piton monolithique, ou plutôt aiguille car c’est bien de cela dont il s’agit. L’aiguille, de nos jours, garde comme Œille le trou servant à passer le fil. Encore quelques mètres de dénivelé positif, et le groupe débouche sur le plateau de la Dent jusqu’à rejoindre sa croix sommitale, 2062 m. La vue sur le Vercors, Chartreuse et Belledonne est totalement dégagée. Pour ne citer qu’eux, deux classiques du Vercors, le Mont Aiguille (décidément c’est le jour de la couture) et le Grand Veymont, ainsi que le Grand Som, massif de la Chartreuse, se dévoilent aux regards.
Du sommet, en direction du plateau des Petites Roches nous suivons un sentier en deçà de celui des crêtes. Encore quelques sauts de marche et les 14 marcheurs et marcheuses se retrouvent au pied de la cheminée du Paradis. Jean-François propose aux volontaires de la découvrir par une montée et descente. Il a prévu une corde notamment pour la descente. Elle s’avérera utile pour l’une d’entre nous. Pour ma part, avisant la faille que représente cette cheminée, doutant de mes compétences montagneuses à la descente je préfère rester en enfer les deux pieds bien campés au sol que plutôt m’élever pour un bref aller-retour vers le paradis. Le ciel peut bien attendre. Toutefois je reste en bas du corridor étroit que représente pour moi la cheminée afin de guider, éventuellement, les pas en recherche d’appui lors du retour des curieux vers les abîmes infernaux – la curiosité est un vilain défaut au risque d’y perdre pied.
Lors de la montée et au sommet, Alain, Jean-François, partis en éclaireurs apportent conseils et veille sécuritaire aux grimpeurs et grimpeuses les suivant. Sans oublier Philippe, croisé « chamois-bouquetin » qui, sans avoir besoin d’aide, assure, comme à l’accoutumé, une assistance précieuse à tous les égarés perdus dans les méandres tortueux de la roche. Un peu de lyrisme de ma part car la montée est moins difficile qu’il n’y paraît. Une fois passé les deux mètres de la première et principale difficulté, l’ascension se fait sans trop de difficultés pour qui a le pied sûr. A faire me concernant juste dans le sens montée jusqu’au pas de Rocheplane pour suivre une flèche à Marcel chère aux cœurs des adhérents de Chartreuse Montagne – Marcel un des membres fondateurs de l’association et longtemps son président, ancien baliseur aux flèches reconnaissables entre toutes autres marques.
Les courageux et courageuses revenus de leur échappée céleste, le groupe, dans un premier temps revenant sur ses pas, trouve et s’installe pour la pause-repas auprès de la source de la Dent de Crolles pas toujours très simple à trouver. Le repas terminé direction le GR9 en direction du Trou du Glas afin de gagner le sangle de La Barrère qui le surplombe évitant et contournant ainsi l’interdiction conséquence de l’éboulement. Ce sangle (nom d’une vire en Chartreuse) est assez raide mais relativement boisé dans ses premiers deux tiers puis s’ouvre sur des espaces plus aériens dans son dernier tiers. Les pentes herbeuses dans sa partie terminales sont plutôt à déconseiller par temps de pluie. Mais aujourd’hui il fait très beau. Hormis moi qui ressent quelques inconforts aériens en fin de parcours, tout le groupe passe sans encombre. Au débouché, sous l’Œille il reste au groupe de reprendre à la descente le chemin pris et via le col des Ayes retourner aux voitures. Comme craint lors de la montée les petits cailloux vicieux firent glisser l’une des participantes mais plus de peur que le mal, quelques éraflures au coude et un hématome en perspective. Nous voilà tous et toutes rassurés.
Un bel itinéraire que nous a offert Jean‑François, relativement court – 10 km pour 900 m de dénivelé positif – ce dernier étant réalisé pour l’essentiel sur la première partie du tronçon, laissant ainsi dans les jambes la sensation d’en avoir fait plus
Comme à l’accoutumée, il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte sans sourire alors une petite halte rafraîchissante à Saint-Hugues-les-Égaux s’imposa naturellement afin de clore joyeusement cette belle journée.
Pascal V.



































