Pour cette randonnée depuis les Essarts – Saint-Pierre-de-Chartreuse –, nous avons le plaisir d’accueillir des Rennais, une famille de trois personnes, et une Lyonnaise invitée par l’une des nôtres, sa sœur (qui ne s’appelle pas Marlène mais Corinne, petit clin de cinéphile). En invitant la petite famille rennaise en villégiature dans la belle Chartreuse, Jean-François, l’animateur du jour, renoue avec les habitudes passées où notre association, l’été, s’ouvrait aux touristes de passage voulant découvrir les chemins de randonnée du massif.
En guise de découverte, pour nos invités mais aussi pour d’autres adhérents, la randonnée du jour est le Dôme de Bellefont. Personnellement, c’est toujours un plaisir de refaire cette randonnée, dans les hauts de Chartreuse, qui offre un joli panorama sur le massif chartrousin et ses quatre 2000, mais aussi sur Belledonne et le Vercors. Encore faudra-t-il que le ciel soit dégagé, ce qui n’est pas certain, car des orages sont prévus aux alentours de 16 h ; mais, en matière d’orage, la météo fait toujours un spectre large, alors le doute est permis. Nous aviserons le cas échéant, la prudence étant de rigueur.
Au départ des Essarts, à l’arrivée du télésiège du même nom, le temps est lourd mais le ciel dégagé, aucune menace grise à l’horizon.
Le groupe emprunte le sentier qui part sur la gauche de la piste jusqu’à rejoindre le point Bellecôte (1540 m) et, de là, se dirige vers le col de la Saulce (1480 m). Le sentier est bien ombragé, ce qui est plutôt agréable car l’air ambiant s’alourdit fortement. Au col, un premier grondement de tonnerre. Le temps d’une petite pause et direction la cabane de Bellefont. Après une trentaine de mètres en sous-bois, une averse orageuse nous surprend. Nous attendons, à l’abri de la canopée alpine, l’accalmie avant de reprendre notre marche. Elle vient rapidement et laisse place à un ciel dégagé. Ainsi, bien au sec, le groupe rejoint la cabane (1650 m).
Pas de moutons en alpage, donc pas de berger et surtout pas de patous, malgré une pancarte en amont pour aviser les randonneurs de la présence éventuelle de ces canidés pastoraux. De la cabane, le col de Bellefont s’offre à notre vue, dernière franche grimpette du programme de la journée. Habituellement, quand les troupeaux sont en pâture, le sentier qui serpente dans la pente est très visible. Mais les mâchoires des tondeuses sur pattes n’ayant pas encore fait leur office, le tracé, depuis la cabane, est dissimulé par les herbes hautes. Jean-François prévient les néophytes que la montée sera sérieuse et régulière ; à chacun et chacune d’adapter son rythme, on se regroupera au col. C’est fait, nous y sommes tous et toutes.
Face au vallon de Marcieu, sur la gauche, les Lances sud de Malissard, sur la droite, l’objectif du jour, le Dôme de Bellefont et le sentier en crête qui y mène. Quelques veloutes grises à l’horizon, pas d’écho de tonnerre, pas de zébrure foudroyante surgissant de la couche nuageuse, alors nous décidons de nous rendre au sommet du jour, 1975 m. Nous aviserons sur place si les conditions se dégradent. L’endroit est idéal pour la pause repas qui sera de courte durée, car les arabesques grises au-dessus de l’Aulp du Seuil deviennent de plus en plus menaçantes. Le vent se lève. De fortes rafales accompagnent le début de notre descente. Très vite, la pluie se joint au souffle d’Éole. Ça ruisselle sur les ponchos et autres vêtements de protection jusqu’à finir dans les chaussures. Ça clapote dans « les grolles ». Le sentier rendu boueux, les pierres devenues lisses sous l’effet de la pluie battante, il convient d’être prudent. Enfin, le groupe rejoint la cabane et se met à l’abri sous un appentis, le temps que l’onde orageuse et ses grondements tapageurs cessent, et nous retournons au point de départ par le même chemin qu’à la montée.
Il n’est pas de belles sorties sans être arrosées dignement et modérément, raison pour laquelle le groupe s’arrête au restaurant-bar d’altitude le 1346, à hauteur des Essarts, pour se récompenser des 12,7 km parcourus ainsi que des 690 m de D+ et, surtout, clore cette belle journée qui aurait pu être davantage qualifiée de randonnée aquatique si les orages diluviens et intempestifs avaient tempêté régulièrement.
Merci à notre animateur du jour et à notre petite famille de touristes rennais qui, ravis de leur journée, nous ont offert les boissons : « kenavo ar c’hentañ ».
Pascal V.

















