Introduction : Peut-être le titre de la sortie n’était-il pas suffisamment explicite, ou mon commentaire a-t-il pu laisser penser que l’option était obligatoire ? Les chaleurs actuelles ont plus probablement été un frein à la motivation de nos randonneurs du dimanche. Toujours est-il que ce matin, nous ne sommes que 4 à nous retrouver au point de départ, au lieu-dit le Mollard dans la vallée de La Morte, juste derrière (à l’est) du Tabor Matheysin. S’il y a bien un superbe lac de montagne à découvrir, enchâssé dans un des cirques les plus secrets de la région, c’est bien le lac du Rif Bruyant.
Ceci étant dit, deux points positifs : Premièrement, la parité est respectée, d’autant plus que les filles reviennent tout juste de leur sortie « entre filles » au Mercantour. On est à la limite de l‘addiction, là ! Chapeau bas, mesdames ! Deuxièmement, nous avons été obligés d’enfiler un pull ce matin. Eh oui, un petit 8 °C nous surprend à la sortie de la voiture… Bon, on sait bien que cela va changer rapidement…
Départ à 7h40 avec une petite mise en jambes dans ce hameau du Mollard, porte d’entrée du cirque du torrent de Rif Bruyant (qui porte bien son nom, d’ailleurs). Nous montons jusqu’au refuge du Rivobruenti (1200 m). À l’origine, c’était la maison d’un Italien installé là il y a pas mal de temps, transformée en refuge par la suite, probablement en raison de la venue récurrente du personnel pour la Restauration des Terrains de Montagne (RTM). Il suffit de regarder les flancs de ce cirque, fermé par de hautes montagnes dont le Coiro (2607 m), pour constater les œuvres importantes que la RTM a laissées…
À noter que ce refuge a été réhabilité par une famille de passionnés avec lesquels nous aurons le privilège d’échanger à notre retour, 9 heures plus tard. Un grand dortoir de 15 places, une cabane dans un arbre, une yourte et la possibilité d’une demi-pension sont des arguments très positifs pour tout randonneur et sa famille, surtout en ces moments de forte chaleur !
Nous échappant à la tentation de prendre une bière à cet endroit, nous continuons notre ascension par une température très agréable sur un sentier parfaitement tracé. Juste après notre entrée dans la forêt domaniale du Coiro, 2h et 650 m de dénivelé positif après notre départ, nous voici rendus à la cabane de l’ONF (1650 m).
Le versant nord, très verdoyant, du cirque du Coiro se découvre, et en particulier les beaux et nombreux lacets qui donnent accès au verrou glaciaire. Pas de visibilité encore sur le Coiro lui-même. Poésie mise à part, la pente commence à devenir raide et, surtout, sous le soleil, on sent que ça va être beaucoup moins glamour…
Retardant au maximum le moment crucial où une décision devra être prise entre la direction du lac et celle du Coiro, nous nous engageons tous ensemble dans cette pente qui, finalement, reste très agréable avec un sentier de très bonne facture. Même si un taureau, des vaches et leur veau nous obligent à couper quelques lacets sous leur regard bovin (au sens propre du terme).
Au niveau des 1800 m, une décision doit être prise. Un conciliabule s’engage pour savoir qui fait quoi. Une question de pure rhétorique pour certains au vu des 800 m de dénivelé restants pour atteindre le Coiro (dont, d’ailleurs, nous ne voyons toujours pas le sommet, mais uniquement la succession des lacets qu’il reste à effectuer jusqu’à… en fait, nous ne voyons rien).
Nous nous séparons en deux groupes : l’un pour rester fidèle à la trace indiquée dans le programme en direction du lac, et l’autre… eh bien, pour aller au bout de leur vie (en tout cas de la mienne, car je n’ai plus vu Philippe, loin devant moi).
Rendez-vous est donné au lac pour 15h, le temps de nous laisser « faire » le Coiro, donc, et bien sûr de rejoindre le lac ensuite…
Bon, passons sous silence mes moments de doute dans ces « interminables » 800 m de dénivelé supplémentaires pour arriver directement au col de la Pierre Luminet (2239 m) et constater qu’il nous reste « encore » 150 m de dénivelé à crapahuter pour atteindre le sommet du Coiro à 2607 m. Crapahuter est le bon mot, car la dernière partie n’est plus tout à fait de la randonnée : une bonne lecture du terrain a été nécessaire pour trouver le passage d’escalade (du 2 voire 3 max) jusqu’au sommet, que j’atteins finalement / enfin / (j’en peux plus) vers 12h15…
Évidemment, ce sommet nous a offert un panorama à 360° comme attendu, vraiment magnifique… À savoir que notre contemplation a été vite interrompue par une armada de mouches volantes venues on ne sait d’où… Bref, impossible de déjeuner au sommet (de toute façon, on aurait cuit à thermostat 10). Donc redescente « prudente » au col pour un déjeuner bien mérité… À noter que j’ai bien été tenté de finir les sablés de Philippe (qui m’a retenu de justesse).
Pas le temps de faire la sieste. Il est 13h15 et nous devons rejoindre le groupe des filles (si vous avez bien suivi) à 15h comme prévu dans le plan (avec Philippe, on respecte le plan initial) ; nous sommes donc larges pour y arriver. Bon, la trajectoire était parfaitement optimisée au niveau de la ligne de pente (hors de question de rajouter inutilement du dénivelé supplémentaire) pour rejoindre le collet au-dessus du lac. Mais, mauvaise surprise, un « gros » névé se découvre devant nous, obstruant complètement le lit d’un des torrents dans le passage, en tout cas plus gros qu’attendu… Passage épique ! Nous avons pris tout notre temps pour le traverser, d’où l’absence de photos de ce moment…
Avec ce contretemps, nous arrivons tout juste à 14h45 au collet surplombant magnifiquement le lac de Rif Bruyant (voir photo) et à 15h moins 5 minutes (je précise) au niveau de ce même lac pour découvrir… personne. Mais où sont-elles ? Pas le temps de se reposer (!), on repart pour la cabane de l’ONF via une descente interminable, tout en lacets serrés pour « adoucir » la pente.
Retrouvailles avec « nos sardines grillées » (dixit ces dames, excuses acceptées car effectivement, il n’y avait pas un gramme d’ombre autour du lac) allongées à la cabane de l’ONF. La source présente est accueillie avec bonheur pour se désaltérer et rafraîchir tout ce qui pouvait l’être…
De là, descente directe sur le refuge et discussion avec le proprio qui nous indique d’autres coins à explorer, encore plus ardus que celui de notre journée. Bon, j’ai rapidement décroché sur ces sujets, mon genou disant « stop » pour aujourd’hui…
Bref, retour à la voiture après 9h30 de marche : 14 km / 1000 m de dénivelé et 21 km / 1700 m de dénivelé respectivement pour le groupe du lac et celui du Coiro.
Dommage que vous ne soyez pas venus, c’était beau 😉 Et ne vous inquiétez pas, ce n’est pas toujours comme cela lors des sorties dominicales…
Le coup à boire nécessaire, vital même après ces efforts, a été « savouré » à la station de La Morte.
Xtian


































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