Nous sommes sept à nous retrouver au parking de Raffort, 720 m ou du Grand Roc – objectif du jour, situé après Cléry dans le massif des Bauges, et point de départ de la randonnée.
Le massif des Bauges, pour les initiés, fait penser aux 14 sommets de plus de 2000 mètres le constituant. Mais les Bauges recèlent aussi de jolis sommet moins grandiloquent tel le Grand Roc culminant à 1814 m, offrant une vue splendide sur ses alentours notamment sur quelques 2000 des Bauges, le Mont de la Coche, 2065 m, la pointe d’Arcalod 2217 m et celle de la Sambuy, 2198 m, pour ne citer qu’eux, mais aussi sur le Massif du Mont Blanc et celui de Belledonne. D’autant plus qu’en ce dimanche de mai les conditions météo sont et resteront idéales toute la journée avec un ciel bien dégagé ce qui nous permettra de profiter pleinement de la vue depuis le sommet. Mais comme souvent, en montagne, si la vue est le cadeau du randonneur, le prix à payer, parfois, en est l’effort à fournir pour l’obtenir. Et il en faudra des efforts car plus de 1000 m de dénivelé positifs sont au programme. Y en aura-t-il plus ?
Du parking, le groupe rejoint le point Raffort, 720 m, et prend la direction du Chalet de la Balme. Si les premiers hectomètres sont exposés à l’astre du jour, très vite le sentier en direction de la Balme – Orizan cheminera à travers un bois ce qui apportera ombre et fraîcheur au petit groupe. La montée est lente et régulière, ça ne parle plus ou presque dans le rang. Au Grand Bois, 920 m, petit arrêt puis reprise de la marche en suivant la direction Chalet de la Balme. La pente s’accentue, heureusement le sentier est bien ombragé, la canopée nous préservant des premières chaleurs matinales.
Un peu avant le deuxième kilomètre de marche une petite option en aller – retour pour se rendre sur un gouffre appelé la fosse à l’Ours enfin, pour quatre d’entre nous, les trois autres préférant les attendre un peu avant. Les modestes amateurs et curieux spéléologues de retour, la petite équipée revient sur ses pas non pas par le sentier de l’aller, mais à travers bois en mode sanglier le tout à flan de pente obligeant une marche en devers afin de prendre un raccourci, mais surtout d’éviter, par la reprise de l’itinéraire classique, une redescente suivie d’une remontée honnie de notre guide du jour, Christian B. Nous dirons première option comme un préambule à celles qui allaient suivre un peu plus tard.
Retrouvant la trace nous parvenons au point Chalet de la Balme, 1433 m. Il y a deux chalets sur place, construits en 1936 pour loger les ouvriers, les chefs et les conducteurs de travaux pendant les plus de dix années qu’ont duré les travaux de boisement visant à transformer les pâturages en forêt. Ces aménagements avaient pour but de juguler les inondations et les crues récurrentes des torrents de Fournieux et de la Lavanche, qui provoquaient des dégâts sur les cultures, les habitations et les voies de navigation. De nos jours, ces chalets sont à disposition des randonneurs.
Partant des chalets, encore une bonne grimpette, mais cette fois-ci exposée au soleil pour rejoindre le col de la Fougère, 1680 m. Face à nous, le Grand Roc qui fait penser, vu sous ce profil à la Dent de Crolles en Chartreuse, tiens, un 2000 aussi ! Prenant la direction des Chalets du Haut du Four afin de contourner le bloc rocheux que nous présente le Grand Roc de ce côté, nous redescendons quelque peu, mais c’est pour mieux remonter et quelle remontée ! En effet, peu après 100 m, notre guide repère une draille, seconde option du jour, qui se remonte en direction de vires rocheuses. Nous grimpons à vue pour arriver sous la roche où le passage rocheux est équipé d’une corde à nœuds et qui permet d’arriver à une petite vire. Une sente sur la gauche nous amène à un second passage rendu facile par un câble à demeure. De là, nous grimpons à vue dans la pente herbeuse en moyenne à 45° d’angle afin de parvenir sur la crête et, de là, nous diriger vers le sommet, objectif du jour. Ce beau perchoir nous offre une vue 360° sur les massifs et monts désignés ci-avant, mais est aussi le lieu idéal pour la pause-déjeuner bien méritée après la dernière ascension.
Les corps reposés et rassasiés nous entamons le chemin de retour par une troisième et dernière option, passant par le mont d’Orisan, 1762 m, puis la Charmette, 1610 m afin d’arrondir les dénivelés cumulés du jour et d’augmenter la distance totale. Un dimanche sans option serait comme une messe sans curé, sans intérêt. Après ce petit détour ludique, nous retrouvons la trace prévue au chalet d’Orisan, 1583 m. De là, il reste plus qu’une longue descente jusque rejoindre Grange de la Joue, 870 m, et 1 km plus loin notre point de départ.
Une belle journée ensoleillée, en atteste les mines bronzées, pour accompagner les 14 km de marche et faire oublier, peut-être, les 1262 m de dénivelé positifs assurés, pour l’essentiel, sur la première moitié du parcours à la montée, c’est dire les pourcentages ! Cela n’a pas découragé Blandine, qui venait s’essayer pour la première fois aux sorties du dimanche de notre club, Chartreuse Montagne. Outre la satisfaction de pouvoir raconter à ses enfants sa prouesse du jour, elle nous a d’ailleurs assuré, lors de la pause rafraîchissante à Frontenex, de sa prochaine adhésion.
Merci à Christian pour cette belle découverte.
Pascal V.























