Basse du Gerbier (Maurienne)

Il aura fallu aux trois randonneurs et à la seule randonneuse du jour se lever dès potron-minet pour participer à la randonnée animée par Christian B. : Basse de Gerbier au départ de Le Chalmieu petit hameau situé sur la Commune d’Albiez-Montrond. Le bulletin météo journalier est plutôt mitigé, mais, malgré une légère averse au départ et quelques nuages qui, de temps à autre, accrocheront les sommets, la journée sera globalement ensoleillée et plutôt chaude pour la saison et l’altitude. 
Depuis le parking, les raquettes fixées sur les sacs à dos, direction Basse de Gerbier indiqué à 4 h 15 de marche. Suivant une alternance de chemins et de pistes passant respectivement par le Combet Dessous, 1646 m puis le Combet Dessus, 1652 m, la petite équipée rejoint Ordière Dessus, 1764 m. Après 25 min de marche nous atteignons le relais TV et ses deux tables d’orientation, 1905 m. Nous profitons de ce lieu pour y faire une première escale. Les aiguilles d’Arves nous toisent de leur hauteur. Au premier plan l’Aiguille Septentrionale que l’on surnomme également « Tête de chat » avec ses deux pointes en guise d’oreilles de chat s’élevant respectivement à 3358 m et 3364 m d’altitude, puis l’Aiguille Centrale à 3513 m d’altitude et, enfin, l’Aiguille Méridionale à 3514 m d’altitude.
Elles seront notre carte postale permanente du jour.
Après cette petite pause contemplative et une petite collation, nous rejoignons, légèrement en contrebas, 1900 m, le point Relais pour prendre la direction de Les Chabottes, 1956 m. Entre temps la couche de neige s’étant épaissie et ramollie sous l’effet de la hausse des températures, nous avons chaussé les raquettes.
Arrivé à Le Lissolet, 1970 m, il nous reste encore 3,7 km de marche dans une neige molle pour atteindre l’objectif du jour : Basse de Gerbier. La neige recouvrant le sentier, pas simple de repérer la trace. Nous cherchons un passage facile à gué pour passer le ruisseau de Pradin puis, passer à flan de pente un devers accentué, où la marche en raquettes est rendue difficile par une neige molle et glissante et l’absence de tout repère. Ce passage délicat franchi, nous parvenons à la Motte, 2170 m. Il nous reste encore 1 h 20 de marche pour atteindre notre objectif. La fatigue accumulée par une marche physique dans une neige molle commence à se faire ressentir, enfin pas pour tous. Les aiguilles resplendissantes sous un fond de toile bleu nous attirent et nous reboostent.
Nous continuons, mais les 400 m de D+ restant à faire nous paraissent de plus en plus difficiles. Hormis Philippe, notre croisé bouquetin/chamois du jour, nous peinons de plus en plus. L’heure tournant, la faim se faisant de plus en plus ressentir après avoir réussi à rejoindre et à stopper l’ami Philippe nous avisons un espace abrité d’une petite bise fraîche de passage et situé idéalement en face des aiguilles pour y prendre la pause repas. Nous ne nous rendrons pas jusqu’au point prévu, mais sommes montés, tout de même, à 2400 m. Tant pis pour les 150 derniers restant, une autre fois, peut-être. La marche à raquettes a eu raison de nous (trois).
La pause repas terminée, nous retournons au point de départ par quasi le même parcours qu’à l’aller.
L’essentiel de la journée a été atteint, une vue permanente sur les aiguilles d’Arves, le plus souvent dégagées, nous offrant ainsi toute leur magnificence. Si le parcours pour se rendre à leur pied, 12,2 km pour 810 m de D+, peut sembler modeste, il n’en est pas moins difficile, car les dénivelés positifs furent réalisés sur la moitié du trajet.
Merci à Christian B., le guide du jour, qui nous a fait encore découvrir un bel espace montagnard avec en prime un petit clin d’œil sur l’aiguille de l’Épaisseur, un prochain 3000, peut-être…
Pascal V.