A minima, pour s’orienter en montagne, il faut savoir lire une carte même, si de nos jours, la référence serait plutôt l’utilisation d’une application de randonnée associée à une localisation par GPS. Il en est de même pour les trajets en voiture, à condition de saisir les bonnes informations lors du paramétrage des coordonnées du point GPS de destination. Une fois n’est pas coutume, n’ayant pas saisi correctement les informations du lieu de RDV et de départ de la randonnée du jour, après quelques tours et détours, guidage téléphonique des collègues déjà sur place, accusant de fait un léger retard, je rejoins, avec ma passagère, le Pontet, commune de Champ-Laurent en Belledonne.
Les cinq collègues déjà sur place, après quelques sourires n’en prirent pas ombrage, assurés qu’ils étaient que mes « digressions » routières seraient sans conséquence pour le guidage de la randonnée, car ce n’était pas à moi qu’incombait cette fonction. Merci par avance à Christian l’animateur et guide du jour pour cet itinéraire raquettes : Le Pontet – Fort de Montgilbert (Belledonne).
Notre petit groupe de sept équipé comme il se doit pour une randonnée d’hiver en montagne, enfin presque tous, puisque l’une d’entre nous non dotée de raquettes à neige, seulement des crampons, s’engagea tout de même sans crainte avec tous depuis Le Pontet, Les Granges, 892 m, en direction de Sous le Leyat. La neige fraîchement et abondamment tombée la veille lui rendrait-elle la marche difficile ? Assurément, pas au départ, car le parcours, alternance de chemins bordés d’arbres et de portions de route déneigés, ne nécessita pas l’usage des équipements spéciaux, et cela, jusqu’à la mi-parcours. A Le Desertet, 980 m, après 800 m d’une marche en montée régulière, direction Les Gabes, 1052 m, puis du Col de Champ-Laurent, 1112 m et, 200 m plus loin, son parking, 1122 m, duquel nous prenons la direction de la tourbière de Montendry-Montgilbert. Les pieds s’enfoncent quelque peu dans la neige, mais toujours pas utile de chausser les raquettes. La marche « à cru » dans la neige muscle les mollets, pas nécessaire d’aller à la salle de musculation !
Après 4 km de marche un peu avant Rochebrune, 1244 m, droit dans le pentu, quittant la trace GPS nous nous rendons sur un tertre afin de pouvoir bénéficier d’une vue périphérique sur la Maurienne. Malgré un ciel dégagé et des températures relativement douces pour la saison et l’altitude, la vue sur les montagnes environnantes était occultée par des remontées brumeuses du sol. Conséquence directe des intempéries abondantes de la veille et des phénomènes de condensation du jour.
Après cette petite pause, nous gagnons la côte Rochebrune de laquelle, après quelques hésitations d’orientation, sans communes mesures avec mes égarements routiers précédents, nous parvenons à retrouver notre trace en direction du Leyat, 1300 m. Entre-temps, nous nous sommes équipés des raquettes, car la hauteur de la neige et sa mollesse nous y obligea. Notre marcheuse « cramponnée », se positionna en queue de peloton afin de marcher dans les traces laissées par les « raquetteurs et raquetteuses » ouvrant la marche. Malgré cela, sa progression ne fut pas sans difficulté. Ainsi, le groupe marche jusque rejoindre le Fort de Montgilbert, 1375 m. Ce fort de montagne, érigé de 1877 à 1883, faisait partie de la « place de Chamousset » (ou secteur de Chamousset), cette dernière regroupant les fortifications construites sur les hauteurs commandant la confluence de l’Isère et de l’Arc. La garnison prévue était de 749 hommes et 25 pièces, dont quatre mortiers et quatre pièces de flanquement (source wikipedia).
Petite pause et séance de photos et nous nous dirigeons vers la tourbière auprès de laquelle, profitant d’un joli espace ensoleillé, nous prenons la pause-déjeuner. Celle-ci terminée, direction la Batterie de Rochebrune, 1400 m, point culminant du jour. Les Batteries de Rochebrune, car elles étaient plusieurs contrairement aux indications du panneau directionnel, lieu historique militaire associé au fort de Montgilbert sont en fait un bâtiment, qui, de nos jours, est aménagé en refuge non gardé même si la literie sommaire du site laisse à désirer. Après un temps de découverte, depuis la partie supérieure de l’ouvrage militaire, direction Saint-Georges par le GR (Saint-Georges-d’Hurtières). Après quelques hésitations d’orientation, la neige recouvrant le sentier et dissimulant les marquages ; pas simple de se repérer. Nous nous engageons sur le chemin du retour via Sous le Leyat, 1265 m, point duquel, suivant toujours le GR, malgré un sol bien gras et un tracé encombré, çà et là, de troncs d’arbres nous obligeant à quelques contorsions et enjambées prudentes afin d’éviter les chutes, nous retournons au point de départ.
Une belle randonnée, dans de bonnes conditions de neige et de météo alliant le plaisir de la marche et découvertes historiques. Le tout dans un cadre idyllique de moyenne montagne de quoi nous inciter, avec le sourire, à aller voter en ce jour d’élection municipale. Enfin, pour les votants ou ceux n’ayant pas donné procuration. Est-ce qu’un programme électoral proposant 839 m D+ et 13,8 km de marche aurait les faveurs des électeurs ? Allez savoir ?
Pascal V.




































